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Métavers géolocalisés : qui répond encore, en octobre 2026

Nous avons interrogé les adresses une par une : qui répond encore, et qui non.

Publié le

Sur les six plateformes de terrain numérique géolocalisé que nous avons recensées, deux publient encore, une s'est tue il y a près d'un an, une a officiellement fermé, une n'est plus qu'une coquille et la dernière n'a jamais démarré. Nous avons interrogé les adresses une par une le 28 octobre 2026, et voici ce qu'elles répondent. Si vous avez acheté du terrain sur l'une d'elles, ce relevé vous concerne directement.

Ce relevé n'existe nulle part ailleurs, en français comme dans les autres langues. Il demande pourtant peu de chose : ouvrir les sites, lire les dates, et accepter d'écrire qu'une information manque quand elle manque.

Comment nous avons procédé

Pour chaque plateforme, nous avons fait trois gestes simples. Le premier consiste à demander l'adresse au système de noms de domaine, pour savoir si elle existe encore ; le deuxième, à envoyer une requête au serveur et à noter le code qu'il renvoie ; le troisième, à lire la page, quand il y en avait une, en cherchant la date du contenu le plus récent.

Trois réponses reviennent, et elles ne veulent pas dire la même chose. Un code 404 signifie que le serveur existe mais ne trouve rien à cette adresse, tandis qu'un code 403 signifie qu'il refuse de répondre, ce qui arrive souvent face à une requête automatique et n'indique donc rien sur l'état du service. L'absence totale d'enregistrement dans le système de noms de domaine, en revanche, est le signe le plus net : plus personne ne paie pour que l'adresse existe.

OVER et Upland : les deux qui publient encore

OVER publie beaucoup, et son contenu le plus récent est daté du 30 septembre 2026. L'entreprise ne se présente d'ailleurs plus comme un métavers mais comme une plateforme de données tridimensionnelles pour la robotique, ce qui mérite un article à soi seul ; nous l'avons consacré à ce changement de métier et à ce qu'il révèle.

Upland est la plus active des six. La plateforme a ouvert ses Troves le 22 octobre 2026, puis a élargi le dispositif le 27 octobre, soit la veille de notre relevé. Le lancement et le fonctionnement du jeu sont détaillés dans notre page sur Upland et ce que la plateforme est devenue.

Superworld : vivante, mais muette depuis bientôt un an

Le site de Superworld répond normalement. Il se présente comme « your map of the places, experiences, and people you love », vend des portions de 100 × 100 mètres sur la chaîne Base et met en avant son jeton, le $SPWR. Rien, à la lecture, ne vous laisserait penser à un service à l'arrêt.

Le calendrier, lui, raconte autre chose. Le contenu daté le plus récent que l'on trouve sur le site remonte au 11 novembre 2025, et tous les autres articles datés sont de 2023 ou antérieurs. La mention de droits en pied de page affiche bien 2026, mais une mention de droits se met à jour toute seule et ne prouve rien.

Nous écrivons donc ceci, et rien de plus : la plateforme fonctionne, et elle ne publie plus. C'est un état intermédiaire que le secteur connaît bien, et dont on ne sait jamais, sur le moment, s'il précède une relance ou une fermeture.

Next Earth : fermée, et elle le dit

Next Earth a cessé ses activités. L'annonce est datée du 3 février 2026 à 9 heures, heure universelle, et elle est épinglée en tête du compte officiel de la plateforme sur le réseau X. Le texte tient en deux phrases : « The Next Earth project currently has no active team or funding. As a result, operations have ceased and the project has been shut down in its existing form. »

Un détail en dit long : le message précédent publié par ce compte date du 12 mars 2025, de sorte que onze mois de silence séparent la dernière activité de l'annonce de fermeture, ce qui correspond assez exactement à ce que décrit le communiqué.

Deux réserves s'imposent, et nous les écrivons plutôt que de les taire. Le site nextearth.io, interrogé le 28 octobre, renvoie un code 403 : il refuse les requêtes automatiques, et nous n'avons donc obtenu aucune confirmation depuis l'adresse de l'entreprise elle-même. Quant au réseau X, il présente une page de connexion à tout visiteur, de sorte que nous avons lu le message dans les données servies avec la page plutôt que sur un écran ordinaire. La date et le texte en proviennent directement, mais vous ne verrez pas la même chose que nous si vous ouvrez le lien sans compte.

vPark : la coquille d'une plateforme que ce site a suivie huit fois

Le cas de vPark concerne ce site plus que tout autre. Nous lui avions consacré huit articles entre mars 2021 et janvier 2022, depuis notre première page sur le métavers orienté business jusqu'à celle sur le logiciel 360 Makeover et les terrains gratuits, en passant par l'annonce de ses jetons, et il est juste que ce soit ici que l'histoire se referme.

Le relevé donne trois résultats différents selon l'adresse, et c'est précisément ce qui rend le cas intéressant. L'adresse principale, vpark.io, renvoie un code 404 accompagné d'une page Squarespace qui dit : « This domain has been mapped to Squarespace, but it has not yet been claimed by a website. » Le domaine a donc été redirigé vers un hébergeur, puis abandonné en route.

L'adresse avec le préfixe www, elle, répond encore et sert l'ancienne application. On y trouve le titre vPark, un formulaire de connexion, une case à cocher sur l'âge et un pied de page au nom de Virtual Park LLC, en Californie, exactement comme à l'époque où la plateforme fonctionnait. Mais les prix des terrains ne s'affichent jamais : à l'endroit où le montant devrait apparaître, le code de la page contient toujours le gabarit vide qui aurait dû être rempli par les données, si bien que la vitrine reste intacte alors que l'arrière-boutique est vide.

Les deux autres adresses connues de la plateforme tranchent la question. Ni vpark.app ni vpark.world n'ont d'enregistrement dans le système de noms de domaine : elles ne mènent nulle part, et plus personne ne les entretient. Nous considérons donc l'affaire close, sans annonce officielle, comme c'est le cas le plus fréquent.

Wonderwho : une adresse et rien derrière

Wonderwho répond, et c'est à peu près tout ce qu'on peut en dire, car la page pèse 3 026 octets, porte le titre Wonderwho, une description qui annonce « Wonderwho. Coming soon. », un seul titre affiché — « Coming soon » — et une mention de droits pour 2026. Il n'y a ni produit, ni calendrier, ni la moindre indication de ce qui serait censé arriver.

Ce que ce relevé donne à lire

Un fait traverse les trois survivantes, et il est plus parlant que la liste elle-même : aucune ne se présente plus comme un métavers. Sur le site d'Upland, nous avons cherché le mot dans le code de la page et il n'y apparaît pas une seule fois. Chez OVER, il survit dans une ligne de la page d'accueil et dans l'adresse d'un compte social. Chez Superworld, il ne subsiste que dans les titres d'articles de presse de 2021 et 2022 affichés en référence.

Le mot n'a pas été interdit, il a simplement cessé d'être utile : les plateformes qui tiennent encore ont toutes remplacé la promesse d'un monde parallèle par quelque chose de vérifiable, un jeu pour Upland, un ensemble de données pour OVER, une carte personnelle pour Superworld. Celles qui s'en tenaient à la promesse ont fermé.

Nous referons ce relevé dans six mois, avec la même méthode, pour en publier les écarts. C'est le genre de travail que personne ne fait et qui, pourtant, ne coûte qu'une après-midi.

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